Notre Histoire

Les origines

C’est le 6 juin 1889 qu’est déposée à la préfecture du Puy-de-Dôme la demande de création de ce qu’on appelait alors une société, dénommée les « Amateurs Photographes de l’Auvergne ». Le document est accompagné du projet de statuts et de la liste des membres fondateurs : ce sont pratiquement les seules traces écrites dont nous disposons aujourd’hui pour écrire l’histoire de cette société artistique.
Elles nous apprennent néanmoins que les « Amateurs Photographes » se fixaient pour but « de créer pour les membres un centre commun d’études, de développer le goût de la photographie et aussi d’en faciliter la pratique aux débutants et aux touristes de passage à Clermont ». Pour atteindre ces objectifs, ils prévoyaient « l’établissement d’une bibliothèque technique et d’un laboratoire communs et l’institution de réunions périodiques, de conférences et d’excursions photographiques ».

Les informations fournies par la liste des 21 fondateurs quant à leur situation socio-professionnelle permettent de dresser un portrait type du photographe amateur clermontois à la fin du XIXème siècle : il appartient à la bourgeoisie cultivée et fortunée, celle des artistes, hommes de science ou de loi et des rentiers. Comme le signale Amédée Gasquet, alors maire de Clermont, dans sa réponse à l’enquête préfectorale, « tous les membres sont d’une honorabilité parfaite et aucun d’eux n’affecte des idées hostiles au gouvernement ».

Pendant les premières décennies de son histoire, la pratique de la photographie d’amateur est délicate et très onéreuse et reste donc l’apanage d’une petite minorité fortunée : c’est l’époque à laquelle l’industriel Bargoin peut construire pour son fils Jocelyn une « photographie » dans son parc de Bellevue (c’est le chalet « Jocelyn » du parc Bargoin, aujourd’hui disparu).

Les années 1900

Il faut attendre la fin du siècle pour que, grâce à des progrès techniques comme la plaque négative sèche ou l’appareil portatif, innovations qui surviennent au moment où émerge une classe aisée, avide de connaissances scientifiques, de loisirs et de voyages, la pratique de la photographie connaisse un réel essor.

Ces nouveaux amateurs, se regroupant en cercles qui cultivent des préoccupations esthétiques, vont, sans délaisser le studio, partir à la découverte de leur environnement géographique et social. La naissance des « Amateurs Photographes d’Auvergne » s’inscrit dans ce mouvement ; il faut la rapprocher de la multiplication concomitante des sociétés excursionnistes qui procède de la même logique.

Il n’est pas sans intérêt de mentionner la présence, au sein du bureau de la section auvergnate du Club Alpin Français, de trois responsables des « APA ». Ces photographes-excursionnistes sont également nombreux à fréquenter les réunions de l’Académie de Clermont où, là aussi, ils sont présents au bureau.

Le siège social des « APA », après avoir été hébergé jusqu’en 1895 par Félix Gaudin dans son atelier de peintre verrier, au 55 du cours Sablon, se fixera définitivement au 4 de la rue d’Amboise ; mais de l’activité de la société nous ne savons rien. Seule la rubrique lapidaire que lui consacre l »‘Annuaire du Puy-de-Dôme » atteste de son existence jusqu’en 1905 ; au-delà de cette date la société disparaît, sans explication. Faut-il penser, comme le suggère le mode de recrutement (admission sur recommandation de deux membres et vote favorable des deux tiers des membres du bureau), que, faute de renouvellement, l’association a fini par s’éteindre ?

Il est un fait que, de 1889 à 1905, la composition du bureau est d’une grande stabilité, en contradiction d’ailleurs avec les statuts qui prévoyaient que le mandat du président ne pouvait excéder deux ans. Hors, en 17 ans, deux présidents seulement se sont succédés : Félix Gaudin de 1889 à 1891, date de son départ pour Paris, puis Ulysse Chabrol jusqu’en 1905 ; même continuité quant au reste du bureau qui n’intègre en son sein, sur cette même période, que 8 personnes ne faisant pas partie des 21 fondateurs : Teillard (ingénieur-négociant) en 1891, Jarrier (architecte) en 1892, Nègre et Salze (négociant) en 1894, Izarn (professeur de lycée), Pajot, Cournol et de Billy (directeur de la Société Générale) en 1903.

Les « APA » constituaient bien un cercle socialement et numériquement restreint qui ne semble pas avoir survécu à ses fondateurs dont la moyenne d’âge (d’après les neuf dates de naissance connues) était de 59 ans en 1905.

L’avènement du cinéma

Les APA connaissent toutes les évolutions techniques de la photographie puis l’avènement du cinéma. Ainsi, en juillet 1947, l’association se transforme en APCA (Amateurs Photographes Cinéastes d’Auvergne).

En 1948, le Club réalise son propre film intitulé « Monsieur Truc cherche un scénario ». Le film, muet, dure 30 minutes environ (200 mètres de film 16 mm ont été nécessaires !). Il a été tourné au bar « Le club » rue d’Assas et dans la salle de réunion de l’ASM à Clermont-Ferrand. Il est projeté au public le 29 décembre 1948 lors du 1er Gala du cinéma d’amateurs organisé par les APCA, salle Saint Genès à Clermont-Ferrand. D’autres « Galas du cinéma d’amateurs » sont organisés par les APCA jusqu’en 1959.

L’activité cinéma des APCA dure jusqu’en 1965 environ grâce à l’impulsion de son président Roger Benech ainsi que messieurs Espinasse, Joly et Brunel. Les APCA réalisent alors d’excellents films sur l’Auvergne : « Au fil de l’eau », « Le circuit de Charade », …

Les innovations

En 1964, un membre du club, Daniel Boiteau, cherche à créer des images plus poétiques et plus fortes : il place des diapositives en sandwich dans le même cache, il réalise des diapositives par double exposition et en bas-relief.

Puis il invente la technique de séparation de tons en diapositives et en tirage papier couleur avec Hervé Berthoule pour la mise au point du procédé. Cette démarche est totalement nouvelle dans le monde de la photographie couleur où seul le diaporama est alors reconnu (n’oublions pas que le mot diaporama a été créé au photo club de Vichy par Claude Madier). La participation des APCA aux concours internationaux permet de partager ses recherches avec d’autres photographes dans le monde.

Les APCA sont les premiers à maîtriser cette technique en France, alors qu’au niveau mondial seuls quelques photographes commencent à la pratiquer : Wellington Lee aux Etats-Unis, Jan Webord en Suède et deux allemands de l’usine Agfa de Leverkusen. En 1968, Daniel Boiteau sera premier au Challenge de la couleur Kodak tandis qu’Hervé Berthoule le sera l’année suivante.

En 1972, les APCA arriveront premiers à la Coupe de France organisée par la Fédération Photographique de France.

Le Salon International de Diapositives

En 1972, la réputation du club s’accroît en France et à l’étranger avec le Premier Salon International de diapositives organisé par les APCA à Clermont-Ferrand sous l’impulsion d’Hervé Berthoule.
Chaque année, et ce pendant 18 ans, grâce à l’action de M. René Sanselme, les APCA organisent cette manifestation.

La participation à ces salons est impressionnante tant au niveau de la qualité des œuvres présentées que du nombre d’auteurs et de pays : pour le dernier et 18ème Salon International de Diapositives de décembre 1993, 697 auteurs provenant de 35 pays ont réuni 2 773 diapositives.

Chaque salon est l’occasion d’un spectacle dans une salle clermontoise (théâtre municipal, Maison des Congrès, CRDP, foyer Saint-Jean).

Cependant, la fréquentation de ces spectacles est en baisse constante, en raison sans doute de l’hyper consommation d’images à laquelle nous sommes quotidiennement soumis, ce qui conduit le club à abandonner cette manifestation, les charges financières devenant trop élevées.

Une orientation nouvelle

Depuis 1993, les activités des APCA ont pris une orientation nouvelle.

Avec l’augmentation et le rajeunissement de nos membres, nous nous efforçons de proposer aujourd’hui :
des séances à thèmes variés :

  • Activités d’initiation et de perfectionnement aux techniques,
  • Laboratoire noir et blanc,
  • Prise de vue en studio et en extérieur,
  • Traitement numérique,
  • Séances de lecture et composition d’images.

Le programme est déterminé en commun au début de chaque trimestre.

Le club maintient sa participation à des « rencontres photographiques » au niveau régional et national patronnées par la FPF (Fédération Photographique de France).
Nous avons d’ailleurs organisé en 2006 le concours régional de cette fédération. Certains de ses membres exposent à titre individuel dans des espaces clermontois et puydômois.